Prêt-à-manger : solution pratique et nutritive pour se nourrir?
Avec chaque commande des boîtes WeCook, le Torontois Pierre-François Salomont du Mont retrouve ses plats préférés depuis 2020. Il commande neuf repas personnalisés par semaine en fonction de ses préférences. Le prêt-à-manger convient d'ailleurs à son mode de vie puisqu'il travaille en moyenne plus de 50 heures par semaine. Chaque boîte me coûte environ 12 $ à 14 $. Il n'y a pas un "food court" à Toronto où on peut manger un repas complet de cette qualité à ce prix-là. L'entreprise WeCook a tenu un événement de dégustation à Toronto la semaine dernière pour annoncer son expansion dans la province. Photo : Radio-Canada / Sarah Tomlinson WeCook veut desservir davantage de clients comme M. Salomont du Mont et profiter de l'engouement du prêt-à-manger. L'entreprise montréalaise a même organisé un événement de dégustation dans la Ville Reine alors qu'elle entame une expansion dans la province. Son président-directeur général, Michel Gagné, affirme qu'il s'agit du moment parfait pour cette transition. Selon les données de l'entreprise, WeCook a livré des repas à 27 500 domiciles en Ontario depuis son lancement, en 2020. L'entreprise veut y augmenter de près du tiers le nombre de livraisons, pour livrer des repas à 35 000 foyers d'ici la fin de l'année. Michel Gagné, président-directeur général de WeCook, croit que l'expansion en Ontario vaut le coup compte tenu de la demande grandissante pour les repas prêts-à-manger. Photo : Radio-Canada Si WeCook annonce son expansion en Ontario, c'est parce que son équipe de gestion est sûre que la demande est suffisante pour ce service. Les gens ont des vies occupées. Les gens comprennent aussi l'importance de bien manger, donc c'est de trouver ce bel équilibre-là. L'entreprise n'est pas la seule à vouloir profiter de cet état d'esprit des consommateurs. FACTOR remarque aussi un intérêt grandissant pour ces services. Depuis son lacement en Ontario en 2023, la compagnie a étendu ses services dans toutes les provinces à l'est du Manitoba. L'entreprise torontoise On The Run Meals a pour sa part constaté une baisse légère de sa clientèle. Son fondateur et président-directeur général, Galin Djagarov, attribue cette diminution au coût de la vie et à l'inflation. Selon lui, des plus petites entreprises comme la sienne peinent à fidéliser et aussi attirer de nouveaux clients en raison du coût du marketing. Il croit que la demande pour le prêt-à-manger n'a pas disparu. Le prêt-à-manger a toujours beaucoup de valeur. Nous essayons tous d'économiser du temps. L'idée de pouvoir commander ses repas pour la semaine en quelques clics ne perdra ainsi jamais son attraction. Jean-Marc Demers est le président-directeur général de Braque (Nouvelle fenêtre), une entreprise de marketing alimentaire. L'engouement pour le prêt-à-manger et l'expansion des entreprises lui paraît aussi logique compte tenu du mode de vie occupé de la population. Il croit cependant que les compagnies ont du pain sur la planche pour rentabiliser leurs investissements. M. Demers note que l'acquisition de nouveaux abonnés a un impact tant sur le marketing que sur les opérations. Ça va représenter un coût extrêmement important, que ce soit au niveau des équipements, des installations nécessaires de l'équipe qui va être sur place et la préparation des mets. Ça prend aussi un réseau de distribution assez important. Sylvain Charlebois, directeur du Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire de l'Université Dalhousie, abonde aussi dans ce sens. La nutritionniste-diététiste Myriam Beaudry pense que les repas prêts-à-manger ne peuvent pas être la seule chose que les gens mangent au quotidien. Photo : Radio-Canada Malgré l'engouement pour le prêt-à-manger, la nutritionniste-diététiste Myriam Beaudry pense que ces plats ne devraient jamais remplacer de façon permanente les repas faits maison. Elle croit que les gens ont besoin de développer des compétences en littératie alimentaire et des compétences dans la planification des repas. De plus, selon ses recherches, la valeur nutritive des repas prêt-à-manger serait inférieure aux plats faits maison. En regardant les listes d'ingrédients, on retrouve des quantités de sodium qui sont beaucoup plus élevées que ce qui est recommandé et des quantités plus élevées de gras saturés. La diététiste Torontoise Abby Langer a plusieurs clients qui s'intéressent au prêt-à-manger. Photo : Radio-Canada La diététiste Torontoise Abby Langer ne croit pas nécessairement que la valeur nutritive du prêt-à-manger soit de la poudre aux yeux. N'empêche, ceux qui s'y intéressent doivent faire preuve de diligence quand ils choisissent chaque repas, dit-elle. Les gens doivent vérifier les valeurs nutritives de chaque repas avant d'en commander. Certaines options sont plus saines que d'autres, et même les plus saines n'ont pas toujours la quantité de fibres ou de légumes que je recommanderais dans un repas. Abonnez-vous à l’infolettre Ontario. De son côté, le président-directeur général de WeCook, Michel Gagné, n'encourage pas ses clients à manger que du prêt-à-manger. Il croit toutefois qu'il s'agit d'une des meilleures façons de se nourrir relativement rapidement, sainement et de façon abordable comparativement que l'offre des restaurants. De son côté, l'équipe de FACTOR ajoute que leurs diététistes jouent un rôle essentiel dans l'élaboration de leurs repas. Nous privilégions la saveur sans excès de sel ou d'édulcorants, en utilisant des herbes, des épices et des ingrédients de qualité, dont des légumes, des protéines maigres, des céréales complètes et des graisses saines. Abby Langer recommande d'avoir recours au prêt-à-manger seulement une ou deux fois par semaine. Pour les personnes qui en consomment davantage, la diététiste recommande d'ajouter des ingrédients aux plats pour atteindre les cibles nutritives recommandées. Le Torontois Pierre-François Salomont du Mont commande des boîtes WeCook depuis cinq ans. Photo : Radio-Canada / Maxime Beauchemin Pierre-François Salomont du Mont se dit conscient des limites du prêt-à-manger sur le plan de la nutrition, mais peine à trouver une solution de rechange qui lui convient. En revanche il cuisine ses propres recettes le week-end pour varier. Il y a beaucoup de choix parmi différents plats et les repas sont quand même assez bons pour la santé
, dit-il, en citant comme exemple la salade antipasto et le poulet mexicain. 
Les clients sont au rendez-vous, selon les entreprises

Le prêt-à-manger, c'est une catégorie qui est en croissance partout. On voit ça aussi dans le monde du détail, dans les épiceries
, affirme M. Gagné. Nos clients apprécient la variété que nous proposons, et le goût de nos plats
, a écrit une porte-parole de FACTOR dans un courriel envoyé à Radio-Canada. Certains de nos membres ont cessé de commander nos produits parce qu'ils ne pouvaient plus se le permettre
, explique-t-il. Galin Djagarov note que son entreprise mise beaucoup des clients fidèles depuis deux, trois ou quatre ans
.Une expansion coûteuse pour les entreprises
Il y a quand même des problèmes dans ce marché-là
, explique M. Charlebois. Il y a eu une diminution de recettes [financières] et plusieurs entreprises ont été obligées de se restructurer.
Bon pour la santé, le prêt-à-manger?


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Trouver un équilibre

C’est comme toutes les choses. Il faut y aller avec modération
, dit-il.
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